#5 Un potager bio dans le monde : ORAA et ANVD Togo

Poursuivons notre tour du monde des potagers bio pour nous arrêter aujourd’hui sur un projet agro-écologique mené par l’association Française ORAA et l’Association Togolaise ANVD, actuellement en cours de réalisation. Sans plus attendre, j’accueille Quentin Rongere, président de l’association ORAA, pour nous en dire plus !

1. Bonjour Quentin ! Pour commencer, peux-tu te présenter un peu à mes lecteurs…

Bonjour, je suis le président de l’association Other Road Art. Cela fait maintenant plusieurs années que je voyage ici et là afin d’apporter ma modeste contribution à des initiatives dont je partage la philosophie.

Lors de mon dernier voyage au Togo, j’ai eu l’opportunité de travailler avec une association locale dans la région des plateaux. Plusieurs mini reportages témoignent des actions entreprises durant cette période.

Depuis, nous avons établis un partenariat entre nos deux structures afin de joindre nos efforts dans la promotion des économies solidaires et notamment par le biais de l’agriculture naturelle nourricière. Malgré nos petits moyens, nous déployons des efforts considérables pour mener à bien nos actions. Néanmoins malgré ce handicap, qui est loin d’être une exception dans la sphère associative, nous tenons à conserver la taille humaine de nos associations afin de préserver leurs indépendances et entretenir leurs philosophies partagées, basées sur la solidarité.

2. Depuis 2014, ORAA et une association locale, ANVD Togo ont donné naissance à un projet… Peux-tu nous en dire plus ?

Oui, ce projet ce nomme tout simplement AgroTog. C’est un accompagnement des groupements agricoles Togolais présents dans notre zone d’intervention actuelle (région des plateaux) vers une agriculture durable capable de répondre aux besoins de la population. Nous cherchons à harmoniser les pratiques culturales locales pour lutter contre les problèmes écologiques de la région comme la déforestation, la destruction du couvert végétal et la biodiversité ainsi que la pollution du sol notamment à cause de l’utilisation d’engrais et de pesticides industriels. Pour cela, nous tentons de faire une synthèse entre les techniques traditionnelles ancestrales et les techniques agricoles naturelles que préconise la permaculture, l’agroforesterie et l’agriculture naturelle. Une manière de développer une agriculture durable et cohérente avec son contexte. Mais cela passe aussi par de la sensibilisation. C’est entre autre pour cette raison qu’en parallèle nous mettons en place sur notre terrain communautaire des cultures pilotes, pour inciter les groupements à adhérer librement à ces pratiques. Le projet se déroulera sur 5 ans. Nous bénéficions du soutien et de la participation active du Pédobiologiste Gilles Domenech, un adepte de l’agriculture sur sol vivant, grandement inspiré de Konrad Schreiber et qui se retrouve dans les approches de Bourguignon ou de Masanobu Fukuoka.

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3. Où se déroule exactement le projet (zone géographique, terrain, environnement…) 

Le projet se déroule en Afrique de l’ouest, au Togo dans la région des plateaux plus précisément dans le canton de Dawlotu autour du petit village de Kpélé Tutu. Une zone verdoyante propice à l’agriculture de par son climat chaud et humide comme le montre les photos :

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4. Peux-tu nous présenter un peu l’équipe de ce projet (Raouf, groupement agricole Fafali…) ?

Raouf est le président de l’association locale partenaire, l’ANVD-Togo. Il est le référent principale et responsable du projet sur place. Il accompagnera Gilles dans ses déplacements, il bénéficiera ainsi d’une mini-formation pratique et théorique et deviendra pour ainsi dire l’ambassadeur de cette nouvelle approche.

Fafali c’est le groupement agricole avec lequel nous avons travaillé lors de ma première intervention. C’est une ferme d’une trentaine d’hectares, située en plein cœur d’une foret tropicale luxuriante. Les membres pratiquent une agriculture maraîchère essentiellement manuelle et élèvent des Tilapias dans leurs 3 grands bassins creusés à la pioche. L’aménagement des espaces de culture est fait à la machette. L’équipe est composée de 6 personnes dont Djomo le propriétaire de l’exploitation et son frère Gagnon. Très sensible à la préservation de leur patrimoine familiale, leurs pratiques sont respectueuses de l’environnement, même si parfois nous déplorons l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques. C’est davantage par une méconnaissance des risques et des conséquences néfastes de l’emploi de tels produits, qu’une véritable nécessité d’utilisation.

Nous travaillons aussi avec l’Institut de Conseil et d’Appui Technique de la région ainsi que l’Organisation de la Charité pour le Développement Intégré qui sont chargés de la mise en réseau des groupements de la région. Bien entendu il y a Gilles dont je vous ai déjà parlé. Et puis il y a aussi toutes les personnes qui interviennent ponctuellement qui ne sont pas directement intégrées au projet mais dont l’aide nous est précieuse.

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5. Quels objectifs et actions sont prévues à court et moyen long terme ?

Nos objectifs à long terme sont ceux de beaucoup d’acteurs du développement : Combattre la faim, mettre en place des pratiques harmonieuse non écocides tout en assurant un rendement suffisant pour vivre, combattre les inégalités. Les objectifs à court et moyen terme :

  • Renforcer les connaissances générales des membres des groupements sur les techniques agropastorales biologiques pour les accompagner vers une agriculture responsable, propre et de meilleure qualité. Menant petit à petit vers une meilleure gérance du patrimoine Naturel ;
  • Diversifier les techniques de production agricole dans la région ;
  • Assurer la formation de conseillers locaux afin de pouvoir entreprendre des projets ultérieurs en toute autonomie ;
  • Augmenter les productions, les rendements et la qualité des produits pour assurer l’autonomie alimentaire des paysans, de leurs familles et participer à la sécurisation alimentaire du pays ;
  • Participer à la création d’emplois dans toutes les branches de la chaîne agroalimentaire ;
  • Amélioration de la qualité des sols par l’apport d’intrants naturels ;
  • Réduction des problèmes phytosanitaires ;
  • Valoriser et vulgariser une agriculture rudimentaire et scientifique adaptée au contexte Togolais ;
  • Contribuer à la stabilité économique et à l’amélioration des revenus des petits producteurs agricoles.

Pour cela nous réalisons des études de terrain, des rapports d’activités par exploitation ainsi que des diagnostics participatifs, nous développerons des modules de formation adaptés et organiserons des conférences sur la gestion durable des sols et des agrosystèmes à l’attention des élus locaux et des agriculteurs. Nous initierons les exploitants à la production sur place et à l’utilisation d’engrais naturels de manière à les rendre le plus automnes possible vis-à-vis des intrants extérieurs (amendements, paillages, engrais). Sans compter la diversification des cultures pour répondre aux besoins nutritionnels des togolais.

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6. Qu’en est-il de la situation sur place ? Avez-vous des soutiens ?

Nous bénéficions du soutien des autorités, des élus, des chefs des villages et de la population. Il faut dire que l’économie Togolaise repose essentiellement sur l’agriculture familiale alors de manière générale ce type de projet est assez bien accueilli, peut être moins par les gros exploitants et les industries pétrochimique mais ça c’est moins gênant. En revanche pour les soutiens financiers c’est toujours la même histoire. Nous nous sommes tournés vers des organismes et fondations privés et publics qui allouent des subventions aux associationsmais nous ne sommes pas seuls à faire des demandes. Cela crée une forme de concurrence entre acteur du développement qui je pense est contre productive.Quoi qu’il en soit nous préférons nous appuyer surce que nous avons : la motivation des membres engagés. Grâce aux dons, aux divers événements que nous organisons et à l’énergie sans faille de tous les bénévoles nous arrivons petit à petit à financer le projet.

7. Je suppose que vous avez besoin d’aide pour mener à bien ce projet… Comment pouvons-nous vous aider ?

Les coûts s’élèvent à 3000 euros par an sauf pour cette année (6000 euros) alors bien entendu vous pouvez nous aider en faisant un don sur notre page HelloAsso (100% des dons nous sont reversés) : https://www.helloasso.com/utilisateurs/oraassociation/collectes/accompagnement-de-groupements-paysans-togolais-vers-l-agro-ecologie

Ou bien encore en faisant de la communication, en diffusant notre projet sur les réseaux sociaux :

En participant à nos actions, en partageant avec nous des expériences ou des informations susceptibles de pouvoir nous aider dans notre démarche. Nous sommes toujours dispo lorsqu’il s’agit d’échanger doncen règle générale si on nous contacte nous prenons le temps de répondre.

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8. Y a t-il un moyen de suivre l’actualité et l’avancement du projet ?

Avec les liens fournis plus haut mais comme nous ne sommes pas des experts en communication le mieux c’est encore de nous contacter directement par mail à cette adresse : oraassociation@gmx.fr. Nous nous ferons une joie de vous répondre.

9. Pour finir, un petit mot pour mes lecteurs…

Si vous suivez ce blog c’est que l’agriculture vous parle qu’elle a un sens pour vous et que les problèmes dont elle doit faire face vous préoccupent (au moins un peu). Aussi, si vous avez pris le temps de lire l’article c’est que vous êtes intéressé par ce qui se passe en dehors de vos frontières, deux éléments qui pour moi prouvent d’une certaine sensibilité aux causes qui animent les membres d’ORAA, alors c’est avec un grand plaisir que je salue votre curiosité. Je ne vais pas vous sortir le discourt rassembleur habituel « ensemble nous pouvons réussir » ou encore « un don même petit est une goutte qui participe à drainer notre avenir commun vers une humanité plus juste et équitable… une tite pièce siouplé ». Chacun agit à son niveau, nous en avons bien conscience alors continuez à vous intéresser et à agir, ne vous désengagez surtout pas. Encouragement et remerciement à tous. Longue vie au Potager Madorre et bravo à Julia.

À bientôt.

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6 reflexions sur “#5 Un potager bio dans le monde : ORAA et ANVD Togo

  1. ANVD Togo

    Projets Agro-Tog avec ORAA France/ANVD Togo
    ________________________________________
    Contexte de réalisation de nos projets :
    « Va chercher ton peuple, Ecoute-le, réfléchis avec lui,
    Fais des projets avec lui, Aide-le,
    Commence à partir de ce qu’il fait, Ce qu’il sait faire,
    Ce qu’il veut et commence, Avec lui, construis sur ce qu’il a. »
    Tous nos remerciements au Potager Madorre et bravo à Julia.
    À bientôt.

    1. Julia Auteur de l'article

      Merci beaucoup, je suis ravie d’avoir de vos nouvelles et de voir ces belles photos ! Bonne continuation pour les futures missions que je suivrai avec plaisir ! 🙂

      A bientôt !

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