Les 5 choses qu’il faut penser à préserver avant de commencer son potager

Les 5 choses qu’il faut penser à préserver avant de commencer son potager : voilà un thème qui peut intéresser tous les passionnés du potager que nous sommes !
Tout d’abord, je tiens à remercier Nicolas qui m’a invité à participer à cet événement inter-blogs auquel je me joins avec grand plaisir !

1. Les auxiliaires et hôtes du jardin

 

Les auxiliaires sont vos alliés contre les ravageurs du jardin. Ils sont très nombreux, c’est pourquoi nous les diviserons en 3 pour mieux les comprendre : les auxiliaires prédateurs, les auxiliaires parasites et les insectes pollinisateurs.
– Les prédateurs chassent et dévorent leurs proies soit pour assurer leur propre nourrissage soit pour nourrir leurs larves ou leurs petits (guêpes, frelons, musaraignes, hérissons, reptiles, batraciens…).
La musaraigne mange de grandes quantités d’insectes et de limaces. Les batraciens se nourrissent de vers et de limaces, tout comme les reptiles qui rajoutent larves et chenilles à leur repas. 

Alors que puis-je faire ?Les musaraignes, pour installer leur nid en boule, apprécieront que vous leur réserviez un espace sur le tas de compost.
Pour les batraciens et les reptiles, de grosses pierres en tas leur serviront d’abris. Si possible, la présence d’un plan d’eau, mare ou bassin est idéale pour assurer leur reproduction.

Le hérisson européen (Erinaceus europaeus) est l’un des animaux les plus utiles au jardin. C’est un grand prédateur de limaces, chenilles, araignées, vers, serpents, carcasses d’animaux, souris…

 

– Les parasites, par le terme qu’on leur réserve, peuvent faire peur au jardinier. La définition scientifique considère comme parasite l’animal qui accomplit une partie au moins de son développement à l’intérieur d’un autre animal, dont il se nourrit. Certains sont des parasites des œufs (trichogrammes) ou des parasites de larves (diptères).
La syrphe ” porte plume” ( Sphaerophoria scripta ) est le troisième grand ennemi des pucerons
– Les insectes pollinisateurs se nourrissent de nectar et de pollen qu’ils vont butiner dans les fleurs, participant ainsi à la fécondation des fleurs et donc à la formation des graines et des fruits (abeilles et bourdons).   
 
 
Alors que puis-je faire ?Implanter des plantes à pollen et à nectar s’avère une des choses les plus importantes à prendre en compte avant de commencer son potager.
En effet, de nombreuses plantes s’avèrent très attractives pour les insectes utiles :
– dans la famille des apiacées, on retrouve l’aneth, l’angélique, le coriandre, le panais…
– dans la famille des astéracées, pensez à la camomille allemande, la centaurée, la marguerite, la pâquerette, le pissenlit, le souci, la tanaisie…
– dans la famille des labiées, on retrouve la mélisse, la sarriette, la sauge, le thym…

2. La fertilité du sol Le sol constitue une immense richesse pour votre potager d’autant plus si vous avez opté pour l’alternative biologique. J’ai pensé qu’il serait intéressant pour vous d’aborder la culture sur un sol difficile, ayant moi-même du y faire face. En effet, on ne peut pas toujours choisir l’emplacement ou la qualité de la terre de son jardin. Plusieurs situations sont possibles : il peut s’agir d’une friche (parcelle en herbe plus ou moins embroussaillée) ou d’un sol “maltraité” (tassé, stérilisé). Mais n’ayez crainte : pour chacune d’elles, des solutions existent.

Alors que puis-je faire ? 

Si, avant de commencer votre potager, votre terrain est en friche, plusieurs étapes s’offrent à vous selon la surface de ce dernier. En cas de grande surface, vous devrez procéder en 2 étapes : un défrichage d’été-automne (fauchage des herbes en été, déracinement de la végétation en surface en octobre, labour à l’aide d’une grelinette en mars) et un défrichage d’hiver-printemps (fauchage et débroussaillage en hiver, déracinement en février-mars et labour en mars-avril). Surtout, pensez à laisser les déchets de votre défrichage et déracinement sur le sol de votre futur potager afin de nourrir votre sol !
En cas de petite surface, je vous conseillerai de couper les herbes au ras du sol, de les ramasser et de les ajouter à votre tas de compost. Bêchez et ramassez le plus gros des racines. Cultivez plutôt, après tout ce remue-ménage, des légumes qui pourront facilement concurrencer la repousse des mauvaises herbes tels que les pommes de terre, le concombre, le potiron, la courge, la tomate, les courgettes et les engrais verts.
Si, avant de commencer votre potager, votre sol a été “maltraité”, vous devrez procéder par étapes :
– la première étape (facultative) consiste dans le nivellement de votre terrain
– par la suite, il est important de faire un apport de terre végétale sur environ 30 cm de hauteur, en couche
– viendra alors le temps du nettoyage des cailloux et de tous les autres déchets
– enfin, il vous faudra réveiller la vie de votre sol par l’apport d’un engrais vert (trèfle, seigle, phacélie, sarrasin…).
Un tableau utile si vous souhaitez procéder à un semis d’engrais vert
Pensez également à prendre soin de votre potager en toute saison et à l’enrichir naturellement, même en hiver !

Voici le tout nouveau dessin de ma sœur Aurélie : “Couverture hivernale”


3. Les variétés anciennesPour débuter votre potager, il vous faudra choisir les variétés que vous souhaiteriez récolter (et manger dans votre assiette). Plus vous jardinerez et plus vous découvrirez le bonheur de semer de nouvelles variétés chaque année ! Les variétés anciennes de légumes ont l’avantage de nous offrir un panel incroyable de senteur, de couleur et de goût ! Bien sûr, il est important d’adapter chacune de ces variétés à votre type de sol et au climat de votre région. Le choix est plus que difficile lorsque l’on sait qu’il existe plusieurs milliers de variétés de tomates et que l’on estime le nombre de variétés de pommes de terre à plus de 3500 !

Pensez à adapter vos variétés et semis à votre région !
Dominique Klecka/Terre vivante
Le plus important est de choisir des variétés basiques la première année. Voici un tableau qui peut vous aider à faire votre choix.
4. L’association des plantes et légumes

Penser à associer vos plantes et légumes la première année au potager peut s’avérer très bénéfique pour vos futures récoltes ! Cette pratique permet :
– de profiter de l’influence bénéfique de certaines espèces végétales
– d’occuper l’espace de votre potager
– de bénéficier de l’effet protecteur face aux maladies ou face aux insectes ravageurs
Alors que puis-je faire ?
Même si les bénéfices de toutes les associations de plantes n’ont pas été prouvés scientifiquement, certaines associations fonctionnent particulièrement bien.
Voici des exemples d’associations les plus efficaces et les plus simples à mettre en place :
– carotte + radis + laitues
– choux + laitues
– carottes + navets
– haricots à rame + concombre
– carotte + poireau
 Bien entendu, cette liste n’est pas limitative !
Les œillets d’Inde possèdent de véritables propriétés !
5. Le bonheur de jardiner et de cultiver son potager bio

 

 

S’il y a bien une chose qu’il faut penser à préserver avant de commencer son potager bio, c’est bien la joie de jardiner et de cultiver de bons légumes bio et bons ! Si vous avez d’autant plus choisi de faire tout cela en agriculture biologique, votre bonheur n’en sera que plus grand encore ! Quelque que soient les échecs et les difficultés que vous rencontrerez dans votre aventure (et Dieu sait qu’il y en a même pour les jardiniers expérimentés), souvenez-vous que vous avez choisi de travailler avec la nature et non contre elle. N’oubliez pas non plus que les légumes que vous dégusterez dans votre assiette seront le fruit de votre (dur) travail mais auront un goût et une valeur inégalable. Le bio est synonyme de simplicité, de prise de conscience et d’économie de moyens. Vos échecs ne sont pas là pour vous décourager mais, au contraire, pour vous faire avancer, rechercher des solutions dans les livres ou sur Internet, consulter les blogs spécialisés… et découvrir sans cesse de nouveaux conseils et astuces de jardiniers ! Cicéron ne disait-il pas “Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu’il vous faut” ?

 

Le potager bio de Madorre
Julia de Madorre

Cet article participe à l’événement inter-blogs “Les 5 choses que j’aurais aimé que l’on me dise avant de commencer mon potager” organisé par le blog PotagerDurable.
Pour découvrir ce qu’ont écrit les autres blogueurs, cliquez sur ce lien :
Voir la liste des articles participants.

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10 reflexions sur “Les 5 choses qu’il faut penser à préserver avant de commencer son potager

  1. ludo

    Bonjour Julia,

    Bravo pour cet article plein de bon sens. Ca fait plaisir à lire. La phrase que je retiens c'est qu'en tant que jardinier nous devons effectivement travailler avec la nature et non contre elle. Il est donc de notre devoir de l'aider avec tous les conseils que tu donnes dans cet article.

    A très vite.

    Ludo

    1. Julia de Madorre

      Bonjour Ludo,
      Merci beaucoup pour ton commentaire ! Je suis vraiment contente que ce dernier te plaise 🙂 J'espère que ton potager se porte pour le mieux et que ces (quelques) conseils serviront à de nombreux passionés !
      À bientôt 🙂

    2. ludo

      Salut Julia,
      Mon potager se prépare pour la nouvelle saison. Cette année, je ne veux pas le retourner mécaniquement et pour cela je vais faire travailler les lombrics, à qui je confie la tache d'aérer le sol! J'ai déposé des cartons à même le sol, que j'ai recouvert de matières organiques. J'explique tout ça dans un prochain article sur mon blog!
      A bientôt.

  2. Pascaline

    Bonjour Julia de MADORRE,

    Merci pour cet article écrit avec passion.
    Respecter tout l'environnement de son jardin afin d'obtenir le meilleur et s'entourer de tous ces auxiliaires ! Il ne faut surtout pas les oublier mais prendre soin de tout ce petit monde.

    A bientôt.

    Pascaline.

    1. Julia de Madorre

      Bonjour Pascaline,
      Mille mercis pour ces beaux compliments ! En effet, il faut essayer de s'entourer le plus possibles d'insectes utiles au potager. C'est pourquoi de nombreuses fleurs feront leur apparition au potager de Madorre cette année 😉
      À bientôt !

  3. Alain

    Excellent résumé de ce qu'il faut savoir avant de commencer son potager. Vous avez mis beaucoup de travail à rédiger cet article et ça se voit.
    Pour ce qui est de l'enrichissement du sol, je dirais aux débutants qu'il ne faut pas se décourager. C'est un objectif à long terme et ça prend quelques années avant de voir des résultats, surtout lorsqu'au départ le site est plutôt ingrat.

    1. Julia de Madorre

      Bonjour Alain et merci beaucoup pour tes compliments ! Je suis tout à fait d'accord avec vous sur l'enrichissement du sol qui prend beaucoup de temps… Cependant, les résultats seront au rendez-vous !
      Très bon weekend et à bientôt !

  4. Roxane

    Bonjour Julia. Excellent article très complet et richement illustré sur tout ce qu'il y a à entreprendre avant de démarrer un potager. Faisant moi-même partie d'un potager collectif respectant la charte biologique, je suis tout à fait d'accord avec vos propos.

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